Certes, il y a plus châtié comme langage pour donner le ton d’un article, or en certaines circonstances il ne faut pas craindre de se faire brosser la langue avec du savon, surtout quand le sujet du jour concerne le rapport entre une assurance et des prostituées.

En l’occurrence, la dépêche AFP relatée dans La tribune de Genève date de mai dernier et traite d’une affaire survenue en 2007. On peut admettre que mai, c’est un peu loin pour considérer l’info comme une nouvelle, malgré cela il y a une forte probabilité que ces quelques mois n’aient pas suffi à bouleverser les mœurs jusqu’à ce que le commerce des femmes à louer pour un quart d’heure ait périclité et que les clients du presque plus vieux métier du monde (après chasseur ou forgeron) se soient entendus déclarer « La prostitution ? Ah ! Non, Madame, je ne mange pas de ce pain-là. ». Je la considère alors comme toujours d’actu.

L’AFP nous informe donc que l’intentionné assureur allemand Munich Re a prévu pour récompenser ses plus valeureux conseillers commerciaux une petite contrepartie en nature. Étant entendu que la nature devait être professionnelle avec une jolie croupe, résistante aux multiples assauts et courtement vêtue d’un bikini taille 36, puisque l’orgie se déroulait en piscine.

Des prostituées pour récompenser les forces de vente : ça, c’est de l’incentive ! Mais oui, pourquoi pas ? C’est tellement plus marrant qu’une descente en kayak ou un porte-clé « J’aime mon job » (pas de « z » à la place du « j »). Et puis, ce n’est pas comme si les prostituées avaient un cerveau pour penser, ressentir ou s’émouvoir de leur sort ; surtout lorsque pour les distinguer des hôtesses d’accueil du bain hongrois où elles étaient chaleureusement conviées, on leur faisait porter des bracelets de couleur : blanc pour celles réservées aux cadres sup et aux meilleurs vendeurs, rouge ou jaune pour les autres. Et cerise sur la string à paillette, la péripatéticienne vaillante était marquée d’un nouveau tampon à l’avant-bras pour comptabiliser son nombre de passes, et ainsi déterminer laquelle allait remporter la palme de la meilleure travailleuse.

Splendide.

Sachant qu’il y avait 20 prostituées pour 100 hommes, le type qui a eu l’idée de ce week-end en pays barbare, c’était vraiment un homme ou vraiment une brute ? Les hommes qui ont participé, ils ont dit quoi à leur compagne ? « Mais chérie, je suis obligé ! C’est pour le boulot ! »

 

Non, non, il n’y a pas à mégoter : ce ne sont pas les femmes qui se verraient offrir un homme-objet pour récompenser leur investissement professionnel.

(…)

Hum. Remarquez, j’en connais bien quelques unes qui ne seraient pas contre une petite récompense à leur travail harassant. Mais bizarrement, dans ce sens, les hommes sont rarement contre.

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