On pourrait discuter longtemps de l’aspect esthétique du pénis. Certain-e-s le préfèrent large d’épaules (une écrasante majorité il faut bien le reconnaître, même si elle dément que non, ça ne compte pas et se retourne en pleurant), parfois long ou moyen, mais rarement petit, et jamais Ô grand jamais, micro (ce qui devrait être interdit. À l’heure où on nous serine avec le tout sécuritaire, à quand un arrêté préfectoral contre le micro-pénis ?). On peut aussi l’apprécier sous divers camaïeux allant du perle de rosée-ivoire au noisette-anthracite en passant par le marron-ébène, ou le simple coquille d’œuf à tendance ambrée ou cuivrée selon les origines de son propriétaire (le bleu schtroumpf étant rarissime, sauf peut-être chez les Hommes bleus du Sahara, mais je défie quiconque a des soupçons de proposer un strip-poker à un Berbère itinérant juste comme ça pour rigoler sans se prendre un litre de thé à la menthe brulant sur les genoux). Quant à son aspect formel, qui veut le préfèrera nerveux ou lisse, courbé en avant ou tordu sur le côté : c’est affaire de goût (ce dernier étant à ne pas négliger non plus, mais élevons-nous contre la facilité).

En revanche, la plupart des consommat-rices-eurs du Dieu Phallus (vive le polythéisme) s’accordent pour dire que bien dégagé derrière les oreilles, le pénis est tout de même beaucoup plus présentable.

Si on observe avec attention un spécimen d’origine, l’habit originel évoquant davantage un tube (j’avais pensé à boyau qui est plus approprié mais tout de suite moins ragoutant) qu’un bilboquet, on pourra déplorer cet aspect débraillé-la chemise qui sort du pantalon si impropre aux esthètes. Le bilboquet bénéficiant d’une silhouette tellement plus dessinée, plus smart, plus aristocratique. Tellement plus Ryan Gosling.

Conséquence de son allure négligée, on peut tout autant regretter une certaine forme de timidité du pénis et l’accuser, s’il fait vraiment sa diva et refuse d’être vu hors coulisses, d’être un planqué, un fourbe, un lâche. D’un autre côté, accordons-lui au moins une qualité : le pénis tube est ludique : cache-cache et 1-2-3, soleil ! sont ses jeux de prédilections. En revanche, il ne se dévoile totalement que lorsque ça l’arrange ou pour faire sa toilette. Le pénis tube aime sortir et rentrer sa tête de l’eau : c’est son petit côté apnéiste.

Or, certains de ses défenseurs moqueraient ces considérations stylistiques pour mettre en avant l’aspect clinique du tuyau qui vient couvrir la tête bêcheuse : il aurait pour vocation de repousser les maladies et pour effet bonus d’offrir plus de sensations au jardinier. Soit (quoiqu’un jardinier ne peut pas savoir quelles sensations lui procurerait son tuyau sans une petite coupe de printemps puisqu’il est encore en friche).

À ceux-là, la science a définitivement tranché puisqu’une équipe d’infectiologues américains s’est prononcée pour la circoncision en avançant que la suppression du cache-nez est bonne pour la santé.

Bilboquet : 1 – Tuyau : 0

 

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