Ça suffit ! C’est plus possible ! Arrêtez-vous ! On n’en peut plus !

100% de la population non-masculine le hurlera jusqu’à érosion totale de la glotte, prurit des amygdales, apparition probable de polypes sur leurs cordes vocales et sûrement extinction de la voix s’il le faut – mais tant pis puisque c’est le prix à payer – aux 99,9% des autres membres de la population (sachant que dans un cas pareil qui peut me dire où classer les 0,1% d’hermaphrodites ?) : cessez de pisser dehors !

Est-ce pour faire chier les femmes (non, je ne parle pas mal, je respecte un champs lexical ad hoc, nuance), par vanité, ou précisément pour qu’elles s’égosillent au point d’être enfin réduites au silence, que les hommes exercent leur droit de miction en plein air et de préférence là où nul brin d’herbe ne résiste à l’asphalte, assurant ainsi un complet envahissement des phéromones répandues dans les narines frétillantes des badauds et badaudes ? Hein ? L’homme de la cité est-il tant en mal de nature que ressentir la nostalgie de la petite commission matutinale le pousse à méditer sur sa tragique condition humaine, dressé sur ses pattes de dessous, fier comme Artaban qui vient de découvrir l’Amérique ? Hein ? (Comment ça « C’est pas Artaban qui a découvert l’Amérique » ? N’importe quoi : l’Amérique, c’est Charles Martel !).

Quels que soient les motifs qui l’animent, l’homme doit en prendre pleinement connaissance jusqu’à ce que disparaisse définitivement cette trace désespérante de trivialité chez lui : Darwin n’a pas consacré son intelligence à l’évolution des espèces pour qu’homo erectus efface la théorie de l’évolution en un trait d’urée sur ses Church’s, God damned !

Et si ce plaisir volé à la civilité doit perdurer, pourquoi ne pas le soumettre lui aussi à la théorie de l’évolution ? Quitte à être debout à quasi rien faire, les hommes, rendez-vous utiles à la société du spectacle ! Utilisez l’espace publique pour autre chose que pour le souiller, plantés là comme des punaises sur une carte IGN ! Je ne sais pas moi, créez de l’animation autour de vous ! Faites des claquettes, par exemple ! Intéressez les passants au spectacle de rue, lui qui a tant besoin de soutien à une époque où les subventions s’amenuisent et que la morosité gagne du terrain ! Soyez créatifs, nom d’un petit bonhomme en peau de Zébu !

Que les détracteurs ne croient pas que cette révolte soit exclusivement féminine puisque Julien Damon, sociologue et professeur associé au master d’urbanisme à Sciences Po, a consacré 12 pages au sujet dans un article intitulé : « Les toilettes publiques : un droit à mieux aménager ».

 

Alors qu’on n’aille pas prendre des vessies pour des lanternes, maintenant !

 

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