Pour fêter la journée contre les violences faites aux femmes, saluons la courageuse initiative d’un groupe d’hommes (le terme « homme » restant à définir pour cette chaleureuse mêlée confraternelle forçant une femme à subir des attouchements sexuels non consentis) de la place Tahrir qui ont voulu montrer leur conviction révolutionnaire en prenant à part Caroline Sinz, une journaliste de France 3, dans le sympathique but de lui faire subir des violences sexuelles.

« Où sont les hommes ! » : sous la forme d’une interjection, voilà ce sur quoi je me propose de vous arrêter depuis la rentrée, convaincue que la condition masculine mérite bien aussi sa petite tribune, si possible divertissante, ironique par nécessité, parce que c’est de bonne guerre si une femme taquine les petits travers de ses compagnons d’incertitude.

Or, certains petits travers deviennent quelquefois des crimes. Et là, j’ai plus de mal à les défendre, mes hommes, ceux-là mêmes qui parfois m’invectivent sur des commentaires que je ne laisse pas passer tant ils sont injurieux pour mon sexe et méprisants pour son intelligence.

« Où sont les hommes ! » est né de la conviction que la virilité ne se place pas sous le signe de la brutalité. Je demeure certaine que la communauté masculine est majoritairement plus fine que cette preuve de bestialité qui nous a été donnée à voir à travers ce fait divers ulcérant dans lequel une femme, une fois de plus, est prise pour cible, sous les applaudissements des barbares alentour. Le tout dans l’exercice de sa fonction. Certains violent bien des femmes policières.

Caroline Sinz n’est ni la première ni la seule, et probablement pas la dernière. Quelques heures avant, sur la même place, Mona al-Tahawy, une éditorialiste américano-égyptienne, a été arrêtée et agressée sexuellement par des policiers. A même endroit le 11 février dernier, Lara Logan, une journaliste américaine de CBS, a été écartée de ses confrères et de son garde  du corps, puis violée par un groupe de deux à trois cents hommes.

Deux à trois cents hommes.

La journaliste de France 3 a d’ailleurs préféré rentrer chez elle, laissant pour un temps ses images, sa vocation et son combat de reporter à une caste virile qui, elle, ne se fera pas arracher ses vêtements, passer les mains sur sa peau nue, dans son corps, puis tabasser. Libre à ses agresseurs d’envoyer un message d’intimidation au monde entier, dressant des femmes pour épouvantails.

 

À en croire le sourire de Mona al-Tahawy malgré ses deux bras dans le plâtre, le combat n’est pas terminé.

Mais parfois, il faut vraiment de l’humour pour continuer à y croire.

 

 

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