Faut-il être enfermé dans un scaphandre en épluchures de carottes, avoir un cerveau de navet ou le Q.I. d’un encornet pour l’ignorer encore : jeudi, c’est la journée de le femme.

Enfin, la journée de la Madame.

Mademoiselle ira péter la bulle de ses menthols loin derrière, loin, loin, près d’un muret obscur pour ne pas attirer les regards d’opprobre sur elle. Tiens, le mur des lamentations par exemple. Oui, vilaine mademoiselle ! Tu te tapiras dans cet égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sous des montagnes de fange ; oui, mademoiselle ! Celui-là même réservé aux êtres menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites orgueilleux et lâches, méprisables et sensuels : le lit de celui qui en veut à tes petites pattes arrières. Dépravée ! Volage ! Jeune ! Ah, tu as voulu faire ta respectable ! Tiens, pour ta peine, on t’appellera Madame !

Donc, jeudi, c’est la journée de la taulière.

Chers porteurs de testostérone,

que vous en ayez un max ou que vous soyez en jachère (du coup, vous en avez un max et il serait temps de sortir : c’est fini le salon de l’agriculture), s’il y a bien une journée où logistiquement les hommes seront au mêmes endroits que les femmes, c’est dans une quinzaine d’heures environ, au moment où la petite aiguille passera du 23h59 au 00h00. March the eighth (tu m’étonnes que les anglaises aient les dents en avant). Pas après : after eight, couic ! Adieu l’amante sous la gaufrette de chocolat.

Comment choper une pouliche montée comme une pure-sang le jour de la journée de la poule ?

1 – Être dans les bons spots.

2 – Se munir d’un casque.

3 – Être prêt à en prendre plein la gueule.

Mes amis, chers hommes, il faut vous dire un truc – mais vous avez déjà dû vous en rendre compte : le 8 mars, c’est la journée qui fâche. La journée qui nous les brise menues-menues. On est obligées de faire avec parce qu’on est polies et qu’on nous a élevées en nous disant « Sois gentille et ferme ton joli minois », mais ça nous gratte ces 24 heures à devoir dire Wouah génial, merci, on est tellement contentes qu’on a fait des cupcakes !

Ça nous démange tellement que care affiche « Vivement la fin de la journée… De la femme ».

En fait, c’est drôle. C’est marrant d’avoir imaginé qu’on allait être vraiment de la fête, danser en ronde en entonnant It’s a men’s world ! suivi de I’m a Barbie girl, in a Barbie’s world. C’est limite touchant. Il faut vraiment être d’un autre siècle pour imaginer qu’après 60 ans de lutte à brûler des soutifs, maintenant qu’on est une majorité à continuer à vouloir des seins tout neufs malgré les P.I.P. et qu’on ricane de l’intox planétaire qui vise à nous fait croire qu’on est pas apte, on va célébrer notre journée comme si c’était le jour où Jésus bondissait de son suaire en entamant une battle de krump avec son ombre.

C’est plutôt la journée ou on gravit le Golgotha, oui.

Au fait, c’est qui le Hun qui a crée cette journée faite exprès pour relancer le concept de guerre mondiale ? Qui est l’auteur de cette déclaration de pugilat ? Que l’inconscient qui s’est cru tellement obligé de nous la brandir sous le nez, une fois pas an, juste pour nous faire porter notre croix se dresse sur ses ischio-jambiers qu’on lui jette nos Tampax !

On nous dit que les danoises, pour servir à la propagande du vote des femmes en 1910, les allemandes en 1914 pour les mêmes raisons, les ouvrières de St Petersburg en 1917 pour réclamer du pain et le retour de leur mari au front, et les françaises en 1945, ont toutes lutté un 8 mars et que les américains ont voulu récupérer cette date pour célébrer la Woman Day. Mais quel américain ? Qui est ce mec ? Parce que ça ne peut être qu’un mec pour être inconscient à ce point.

Je penche pour Ben Gourion. Ou Margareth Thatcher. Oui, ça devait être Maggie.

Bitch !

(…)

Ah ! J’allais oublier la tradition :

 

Les gibiers alentour

On dit gibières ! Mais faites gaffe, les proies pourraient bien s’avérer féroces ce jour-là. Y aller avec des chocolats et beaucoup de délicatesse.

 

Les grottes à ne pas manquer

- La manif Nation-Bastille (la base), relayée par démosphère. Départ des troupes à 18 h. Là, il y en aura de la femme. Mais elle ne sera pas forcément très encline à se faire brancher. Avec un bonne banderole « Solidarité aux salariées de Lejaby », vous devriez avoir vos entrées.

- La maison des femmes de Montreuil, « pour s’informer, se former, se retrouver, rire et militer ». Oui, ça pense mais rigole beaucoup aussi une féministe.

- La maison de la radio, France Inter donne rendez-vous aux auditeurs pour faire entendre la voix des femmes toute la journée du 8 mars.

- Le cabaret de Uke. Je sais pas vous, mais moi j’y vais. Et il y aura plein de copines.

 

« Homme qui rit à moitié dans ta caverne »

 

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